_ Si la qualité artistique des œuvres exposées s’est affinée au fil des éditions, la sélection des projets et des sculpteurs est garantie cette année par l’intervention de Jacques Franceschini, commissaire d’exposition.
Forte de l’exigence portée par un regard d’expert, la dixième édition d’Alios offre au public de nouveaux artistes à découvrir, de nouveaux lieux à visiter...
LES ARTISTES D’ALIOS 2009
Le travail mené depuis les années 1980 par cette artiste bordelaise a pour objectif de présenter au public la dualité du processus créatif.
Dans ses Tables dites « cosmiques », Quinie ARAGUAS oppose une pratique traditionnelle plutôt baroque à l’usage de matériaux empruntés à l’esthétique minimaliste.
Loin de nier l’influence exercée par Marcel DUCHAMP et ses Ready Made, Martin CAMINITI apprivoise l’espace à l’aide de moyens peu ordinaires.
Naviguant avec humour entre abstraction et figuration, CAMINITI nous fait part de ses recherches esthétiques sur l’animation, l’espace, le mouvement et les tensions.
(Crédit Photo : F.Fernandez)
P. CHAPPERT-GAUJAL
L’artiste réhabilite des matériaux laissés pour compte (flotteur, pièce de plastique, bout de quelque chose, bois flottés)
Il détourne les éléments de la société industrielle, utilisant la matière non pour son caractère utilitaire mais pour son potentiel d’expression.
Béatrice HAZARD aborde avec ironie le rapport entre intimité et objet du quotidien.
Toujours attentive à l’aura des objets, elle leur redonne vie. Grâce à la précision de son trait, l’artiste dévoile les secrets que renferment ces objets tout en enfouissant ce qui est montré.
Léo JEANNENEY produit, depuis près de 10 ans, de multiples variations sur le thème de l’Apocalypse selon Saint Jean, dont l’interprétation varie au grès des techniques employées, des matériaux…
« Communiquer dans une société bruyante avec des œuvres silencieuses » voilà l’objectif d’Isidore KRAPO.
Inspiré par toutes les périodes de l’histoire de l’art, il donne vie à différentes matières et fait de ses oeuvres un témoignage pour le futur.
- Avec ses Sémaphores, Xavier LAFAYSSE interroge notre rapport au monde.
Ce terme, initialement issu du vocabulaire maritime pour désigner un poste d’observation à partir duquel on peut entrer en communication avec les navires, est repris de manière visuelle, symbolique, et intellectuelle.
Les œuvres de Sylvie MAURICE s’inspirent de l’observation des formes végétales et des stratégies de constructions présentes dans la nature. Ainsi, elle conçoit son travail d’artiste comme celui d’un botaniste.
Sa pensée créatrice réside dans le fait que toutes les formes sont dans la nature et que l’homme n’en invente pas de nouvelles.
Autodidacte, Julien POL se définit avant tout comme un entrepreneur.
Son inspiration - née de l’ennui autant que d’une contemplation permanente - prend sa source en une double origine, vénète & paysanne.
La ligne de conduite de son travail s’établit ainsi entre bâti & paysages, entre architectures artificielles & naturelles, avec pour seul désir de les sublimer.
C’est dans une station-service abandonnée à Bordeaux que Francis VIGUERA récupère des bidons d’huile « AVIA Eden Turbo ».
Cette référence au paradis terrestre pour désigner un produit dérivé du pétrole interpelle l’artiste et lui inspire la création du « Jardin Eden turbo II », composée de fûts et de bidons d’huile, découpés et ré-assemblés.
Après avoir étudié plusieurs années l’histoire de l’art à l’université, Mickael MERINO se réoriente et entre dans l’atelier de sculpture de J. Franceschini.
Il y débute alors son travail sur la série Boulimie dont une pièce H2O figure à l’exposition Alios 2009.
L’œuvre de Vanessa OURDOUILLIE "Tiens toi droite ! I et II" met en avant le rapport de chacun avec l’appropriation de son propre corps, tout en le confrontant à l’intervention médicale dans le redressement du corps dès l’enfance.
Camille BOUSQUET présente "Fracas", une œuvre dans laquelle elle s’interroge sur l’équilibre précaire des choses.
Des ustensiles « de scène de ménages » sont en équilibre en un assemblage complexe.
Elle confronte tour à tour deux matières, deux caractères, deux états, deux personnalités sans que l’on sache si les choses resteront en équilibre ou s’éclateront en un immense fracas !
Étudiante à l’université Michel Montaigne Bordeaux III où elle suit les cours de Jacques Franceschini, Julia BARTOLINI explore dans ses œuvres les différentes possibilités qu’offre l’usage du tissu et de la couture.
Les Formes imaginaires de Jérome HOUADEC
L’imaginoir, c’est un grand mécano de planches de métal fines de couleur noire, enclenchées les unes avec les autres : « Un amoncellement, un enchevêtrement de formes »
Sur le principe de lecture des images, chacun peut y reconnaître quelque chose.
Ce qui est intéressant : lorsque le public use de son imaginaire.
Nous sommes dans un monde où tout est fini : :il s’agit ici de proposer quelque chose qui ne l’est pas , et de donner au spectateur ce travail de finition.
On croit voir une forme, alors que c’est la suite d’une autre. C’est un peu comme les poupées russe : on découvre que derrière cette forme s’en cache une autre. »
Dans l’œuvre décollage, Yoel JIMENEZ interroge le processus créatif en confrontant l’allusion au vol, comme symbole de la fuite, à des éléments proches de son environnement, tel que l’atelier de gravure, cet espace où l’image se succède.
La présence de matériaux tel que le fer à travers ces cages impose toute sa signification, comme le papier sa fragilité.
Cette pièce fait partie d’une série d’autoportraits retraçant cet itinéraire artistique et personnel où la matière incarne chacune des mythologies intérieures de l’artiste.
DES INSTALLATIONS DANS LA VILLE
Mireille FULPIUS travaille le bois brut et construit dans la nature de volumineuses architectures éphémères aux formes élémentaires.
Ces productions racontent une seule histoire, celle de l’importance de la ligne et de la courbe. Par sa clarté constructive, et son mode opératoire simple, le travail de Mireille FULPIUS répond bien aux enjeux initiaux du Land’ Art, mais il ouvre aussi à d’autres dimensions dans l’espace public.
Dominique ETNA CORBAL après avoir étudié à l’Ecole des Beaux Arts de Lyon et obtenu une maîtrise d’histoire de l’art à Aix en Provence développe avec beaucoup d’intérêt le concept de néo-cabinet de curiosité.
Se qualifiant lui-même de « plasticien de l’hybride et créateur de curiosités », sa démarche consiste à produire diverses pièces dites « de curiosité » qui seront ensuite regroupées dans des installations ou expositions.
Après la résidence qu’il avait réalisé sur le port ostréicole lors d’Alios 2007, Philippe DOBERSET a exposé les pièces créées à partir de la vase du Bassin d’Arcachon.
Cette réinstallation dans les garages du 6bis’arts lui a permis de remporter le prix du public lors de l’édition Alios 2008.
Cette année, l’artiste va aller reposer cette vase sculptée dans son milieu naturel, sur l’île aux oiseaux ; une installation couverte et découverte au gré des marées.
Parallèlement à ce travail, un diaporama retracera la démarche artistique de Philippe Doberset et les étapes de création au fil des précédentes éditions d’Alios.
Scénographe de formation, diplômée de l’école supérieure d’art dramatique du théâtre national de Strasbourg, Cécile LENA crée des maquettes.
Dans cet espace présenté dans le cadre d’Alios, le visiteur entre dans un espace noir empruntant un parcours défini.
Il déclenche lui-même la séquence et découvre au fil des maquettes de courtes évocations sonores et visuelles d’environ 2mn30.
Diplômée de la Villa Epiar à Nice, Frédérique NALBANDIAN travaille autour du corps, de l’existence de l’homme et de son rapport avec les différents matériaux soumis à des états d’évolution.
Pour Alios, Frédérique NALBANDIAN interroge le rapport de l’homme à ce qui l’entoure et à la variabilité des formes, grâce à la mise en place d’un dispositif simple autour du savon.

- Crédits Photos Guy LENOIR
17 fleurs en béton et 4 totems, réalisées par une classe de Master 2 de l’Université Michel de Montaigne – Bordeaux 3, seront exposées pour l’évènement.
Ces deux réalisations collectives ont déjà été présentées au public à QUINSAC pour la première et au Parc Rivière à Bordeaux pour la seconde.

- Crédits Photos : Sonia KOUTNOUYAN
Une performance de Jacques TARIS

Jacques TARIS inaugure Alios 2009 avec une Action Tresse de Mémoire.
Née en 1991 lors de l’action « l’indien mort n°2 » à Angoulême, Action Tresse de Mémoire consiste à tisser et à tresser des lambeaux de tissus avec l’aide des spectateurs.
Symboliquement, cette tresse capte les sons, les gestes, les énergies… Jacques Taris se propose alors de continuer cette longue tresse, trace historique, en changeant à chaque fois de lieu et l’événement.





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